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Le versement des retraites au 1er du mois au lieu du 8, c’est du pipeau!


Les retraites versées le 1er de chaque mois, une… par PartiSocialiste

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Retraites : prochaine journée de grève le 7 septembre

.La quasi-totalité des syndicats français (CGT, CFDT, FO, CFTC, Solidaires, FSU, UNSA, sauf la CFE-CGC), ont appellé mardi 29 juin à une journée de grève et de manifestations le 7 septembre, jour du début de l’examen du projet de réforme des retraites au Parlement. Cette décision, à laquelle FO s’est associée après avoir fait cavalier seul pendant des mois, a été prise lors d’une réunion de l’intersyndicale mardi au

Dans un communiqué commun, les syndicats ont souligné que « ces dernières semaines, les salariés du public et du privé, les demandeurs d’emploi, les jeunes et les retraités se sont mobilisés de plus en plus massivement sur les retraites, notamment le 24 juin » et ont « réaffirmé leur opposition au projet de réforme injuste et inacceptable du gouvernement ».

Selon eux, les manifestants ont marqué le 24 juin leur refus du « report brutal des âges légaux à 62 et 67 ans qui pénalise particulièrement les salariés ayant commencé à travailler jeunes et ceux ayant eu des carrières chaotiques et incomplètes », à une réforme « qui n’apporte pas de réponse sur la pénibilité » et « aggrave les inégalités » hommes-femmes, selon leur communiqué commun.

Les sept syndicats, qui dénoncent « la campagne médiatique précipitée du gouvernement qui travestit la réalité du projet » et critiquent une des réformes les « plus dures d’Europe », prévoient aussi des initiatives nationales et locales pour interpeller le gouvernement et ses représentants le 13 juillet, jour du passage du projet de loi en conseil des ministres. Durant l’été, ils comptent aussi interpeller les parlementaires, avant de « poursuivre leur action tout au long du processus législatif de la réforme des retraites ». Le 24 juin, la dernière journée intersyndicale de mobilisation sur les retraites a réuni 797 000 personnes selon la police et près de 2 millions selon les syndicats

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Conférence de presse de Martine Aubry, sur les retraites

Mesdames et Messieurs,

Les mesures sur les retraites présentées ce matin par le gouvernement sont injustes et irresponsables : injustes parce qu’elles touchent les plus fragiles, irresponsables parce qu’elles ne règlent en rien l’avenir de nos retraites.

Pour 2020, l’année retenue par le Gouvernement, ce sont 40 milliards d’euros, qu’il nous faut trouver. Nous le savons tous et nous avons pris en compte les chiffres.

D’après ce qui a été annoncé ce matin par le gouvernement, sur ces 40 milliards d’euros, les revenus du capital et du patrimoine en contribueront qu’à hauteur de 1,7 milliard. Rien ne sera demandé aux banques et aux établissements financiers. Deux milliards seulement viendront  des entreprises. Tout le reste, c’est-à-dire 90% des besoins, soit n’est pas financé, soit est demandé aux salariés et aux retraités. Ce sont donc des propositions qui sont profondément injustes. Elles ne règlent rien. Je le dis, en pesant mes mots, c’est irresponsable face à la situation actuelle de notre système de retraite.

Je passe rapidement sur la méthode que le gouvernement a calée sur le rythme des saisons. Après un printemps de fausse concertation qui ne fut que mépris pour les syndicats et pour l’opposition, Messieurs Sarkozy et Fillon espèrent un été de débat bâclé dans le pays en attendant deux mois d’automne pour un examen tronqué au Parlement.

Sur le fond, je voudrais vous rappeler ce que nous avons dit à la sortie du bureau de monsieur Woerth, le 28 avril. Nous avions dit que nous craignions une réforme qui porte d’abord sur l’âge légal de départ à la retraite. Nous la craignions parce que c’est une mesure idéologique qui ne règle rien et qui est complètement injuste. Malheureusement c’est ce qui est aujourd’hui proposé. Cela veut bien dire que le jeu de cache-cache et les annonces contradictoires faites par les uns et les autres n’étaient destinées qu’à faire patienter les Français pour finalement leur annoncer des mesures décidées depuis longtemps : faire payer toujours les mêmes ; ne rien demander, ou quasiment rien, à ceux qui aujourd’hui pourraient payer. Autrement dit, porter une réforme totalement injuste et qui surtout ne règle absolument pas le problème des retraites dans notre pays.

Le gouvernement a tort de parler de « réforme des retraites » pour désigner ses mesures. Les mots ont un sens, même après trois ans de présidence sarkozyste. Une réforme, ce sont des choix qui règlent un problème et qui apportent un mieux aux personnes qu’elle concerne. Ici, rien de tel ! Les décisions arrêtées par le Président de la République ne règlent rien pour l’équilibre financier du système de retraite et elles vont aggraver la vie quotidienne des salariés et des futurs retraités.

Je le dis avec solennité : le Parti socialiste, au côté des organisations syndicales, va combattre ce projet du gouvernement et continuer à proposer un projet qui permettra de régler de manière durable, efficace et surtout de façon juste le problème des retraites dans notre pays.

Tract mobilisation pour les retraites

J’en reviens aux propositions du gouvernement. La proposition centrale nous le savons, c’est de porter de 60 à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite. C’est une mesure idéologique, car elle ne règle pas le problème financier. Le Conseil d’Orientation des Retraites l’a dit et tous les experts l’ont confirmé. Mais elle crée d’innombrables injustices. Il faut dire les choses simplement : à l’avenir, les salariés qui ont commencé à travailler à 18 ans ou plus tôt devront travailler jusqu’à 62 ans, soit 44 ans ou plus, et pour zéro euro de plus pour leur retraite. C’est sans doute cela, le « travailler plus pour gagner plus ».

Je pense aussi aux femmes qui ont eu des carrières en dents de scie et qui vont être obligées, demain, d’attendre 67 ans pour avoir droit à une retraite à taux plein. Bien sûr, je pense à tous ces salariés usés qui devront attendre deux ans de plus. Je voudrais rappeler que plus de la moitié d’entre eux sont au chômage. Quand le gouvernement prend cette mesure, non seulement il ne règle pas le problème des retraites, mais il va creuser un peu plus le déficit de l’assurance chômage. Le gouvernement videra beaucoup les caisses de l’assurance chômage pour combler un peu celles de l’assurance vieillesse.

Je veux aussi parler de l’injustice de la hausse de cotisation de trois points pesant sur les seuls fonctionnaires. Il s’agit d’opposer, une fois encore, les salariés du public et ceux du secteur privé alors qu’ils vivent une même précarité, qu’il s’agisse des conditions de travail, du pouvoir d’achat ou de l’avenir de leurs enfants. Pour notre part, nous proposons un lien entre le public et le privé et nous proposerons un système qui s’appliquera à tous. Avec des garanties collectives et des libertés individuelles. Mais qui ne montre pas du doigt une fois de plus une catégorie, comme le fait le gouvernement.

Je voudrais insister sur la pénibilité. Quelle injustice ! Lorsqu’il était ministre du travail, le Premier ministre à mené une reforme des retraites qui devait soi-disant régler le problème. Il avait pris des engagements vis-à-vis des syndicats : traiter le problème des emplois pénibles. Et il faut le traiter, en effet. Un ouvrier vit en moyenne sept ans de moins qu’un cadre, ce qui montre bien que la pénibilité est une réalité – réalité que le gouvernement, hélas, fait semblant d’ignorer. Qui peut croire que dans une France qui compte 25 millions de salariés seuls 10 000 ont exercé ou exercent des métiers pénibles. Mis à part le gouvernement, personne. C’est pour ces hommes et ces femmes-là qu’il nous parait nécessaire de permettre un départ anticipé. L’accord fixant cet objectif a été signé en 2003. Il n’y a toujours rien pour le mettre en œuvre.

Enfin, le pillage organisé du Fond de Réserve des Retraites est un véritable scandale. La gauche l’avait créé et abondé pour protéger la retraite de nos enfants. La droite l’a ignoré et veut maintenant le démanteler à des fins électorales en transférant les fonds à la CADES, cet organisme qui prend toutes les dettes de la Sécurité sociale. Cela veut dire que dans les quelques années qui viennent on va piller les 36 milliards d’euros dont il dispose. Ils serviront pendant un temps seulement et il faut le savoir. Car après 2018 c’est le trou noir. Il faudra tout recommencer.

Sur la taxation du capital et du patrimoine, le gouvernement n’a à proposer que des mesurettes. Depuis 2002, l’actuelle majorité de droite a accordé 50 milliards de baisses d’impôts et de niches fiscales au capital et aux hauts revenus. Aujourd’hui, le gouvernement les taxe à hauteur de 3,7 milliards d’euros, soit moins de 10% des besoins de financement des retraites. Nous proposions, nous, de taxer les stock-options et les bonus. Pourquoi cette forme de revenu ne cotiserait-elle pas aux retraites comme les autres ? Cela rapporterait 2 milliards d’euros. Le gouvernement avance une mesure qui ne rapportera que quelques centaines de millions. Inutile de vous dire que cela ne va pas faire mal.

On nous parle de courage. Je n’y vois que de l’injustice. Injustice qui ne règle en rien le problème des retraites, puisque dans les prévisions du gouvernement – cela apparaît clairement dans leurs propres tableaux -, il reste plus de 15 milliards d’euros à trouver, appelés pudiquement « effort de l’Etat ». Où prennent-ils ces 15 milliards ? Nous ne le savons pas. C’est 15 milliards de déficit maintenu.  Alors qu’on ne nous dise pas qu’on rétablit les comptes de la sécurité sociale et des retraites en 2018, alors qu’il manque 15 milliards par an et qu’on prend les 36 milliards du fonds de réserve. Oui, à l’injustice, le gouvernement ajoute de l’irresponsabilité. Il ne règle rien, si ce n’est en apparence pour préserver leur chance en 2012 à la Présidence de la République. Voilà la réalité : cette réforme n’est pas une réforme. Il s’agit simplement de masquer la réalité jusqu’à des élections. C’est indigne d’une démocratie.

Pour notre part, nous avons mis sur la table des propositions, il y a maintenant un mois. Nous pensons que c’est là notre rôle. Nous avons dit très clairement que chacun devrait faire des efforts. Nous avons essayé de lier les mesures démographiques avec la recherche de ressources nouvelles, tout en proposant un nouveau système moderne, innovant qui permette de garantir les droits de chacun, mais aussi apporte davantage de choix individuel. Nous avons proposé un projet équilibré, dans un pays où encore beaucoup de salariés ont commencé à travailler tôt et sont aujourd’hui usés.

Cette réforme, nous allons continuer à la populariser en faisant notre tour de France auprès des Français pour leur dire : il y a un autre système possible.  Il n’est pas vrai de dire qu’on en peut pas régler le problème des retraites en France.

Encore faut-il avoir le courage politique de dire la vérité. Le courage politique de répartir les efforts et le courage politique aussi d’assumer ce que l’on dit. C’est aujourd’hui ce que nous faisons.

Oui, il y a une autre vision, un autre chemin qui n’épargnera pas les plus favorisés pour faire payer toujours les mêmes, les salariés, les retraités. Et puis il y a une autre façon de faire la politique qui ne consiste pas seulement à régler les problèmes dans le court terme en vue des élections. Mais qui consiste à régler les problèmes de la France sur le moyen et sur le long terme.

Ce que je dis là, ce n’est pas seulement au nom des socialistes que je le dis, et pas seulement au nom de la gauche, je le dis aussi au nom de toutes les Françaises et les Français qui s’apprêtent à subir un nouveau plan d’austérité qui va casser notre croissance, qui va encore accroître le chômage, qui va continuer à rogner le pouvoir d’achat.

Je serai ce soir avec les leaders européens de la gauche pour dire qu’il y a aussi une autre réponse possible pour réduire – car il faut le faire – les déficits publics et la dette. Il existe une réponse qui permette en même temps le retour de la croissance, la lutte contre les inégalités et le retour à l’équilibre budgétaire.

Notre détermination est complète de continuer à proposer tout cela. Quand j’entends M. Woerth tout à l’heure expliquer à l’Assemblée nationale que les socialistes n’ont pas de propositions, je me dis : de qui se moque-t-il ? Quand je l’entends dire aux Français qu’il règle le problème des retraites alors que dans leurs propres documents on voit que rien n’est réglé, je me dis : de qui se moque-t-il ? Un gouvernement qui continue de créer autant d’injustice dans un pays qui souffre tant pourrait au moins avoir le courage de dire la vérité au lieu de cogner sur les organisations syndicales et sur l’opposition qui aujourd’hui font le travail de proposition pour l’avenir à la place du gouvernement .

Je serai avec les socialistes, avec l’ensemble des hommes et des femmes de gauche dans ce combat pour que le gouvernement modifie profondément ce projet. Il ne suffira pas de rajouter quelques ingrédients sur la pénibilité pour changer réellement un projet qui ne règle rien et qui va créer de multiples injustices. Les Français peuvent compter sur les socialistes, sur la gauche et sur les organisations syndicales pour ne pas laisser faire.


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